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« La qualité dans la cuisine, c’est ce qu’on ne voit pas »

28/08/2018

Président du groupement de cuisinistes indépendants Agensia, Marc Edel évoque, pour Cuisines & Bains Magazine, l’importance de l’acte d’achat d’une cuisine, et les fausses idées dont le particulier doit se garder à l’heure de confier son projet entre les mains d’un professionnel.

 

Conception et réalisation, AI Concept. Cuisine Euromobil (Photo Albane L.)

 
Cuisines & Bains Magazine : Plus que jamais, les fabricants et distributeurs de cuisines équipées mettent l’accent auprès des particuliers sur la notion de service : peut-on considérer, à cet égard, que l’offre gagne en qualité ?
Marc Edel : Cela dépend de quel point de vue on se place. La question essentielle, au fond, est de savoir si le consommateur final est heureux ou non. Si c’est le cas, on peut dès lors considérer que tous les débats qui visent à déterminer si tel ou tel service est de qualité ou non sont sans objet. Je déplore toutefois certaines évolutions contre-productives en matière d’offre de service. Un exemple : constatant que l’acte d’achat d’une cuisine peut s’avérer anxiogène pour le particulier, certains acteurs n’hésitent pas à communiquer sur leur capacité à boucler le projet dès le premier rendez- vous.
Au point, d’ailleurs, qu’ils laissent entendre que le cuisiniste qui a besoin de 3 ou 4 rendez-vous pour concevoir une cuisine ne connaît rien à son affaire. Pardonnez- moi, mais je trouve ça un peu aberrant : on a complètement inversé les données du problème ! C’est au contraire en prenant du temps avec le consommateur, en tâchant de cerner au mieux ses besoins et attentes, que l’on réussira le projet cuisine.

 

J’estime que l’achat d’une cuisine est suffisamment important pour que le particulier lui consacre un peu de temps, de réflexion aux côtés d’un professionnel. Inutile d’acheter sur un coup de tête, même avec une remise très intéressante, si c’est pour le regretter après !

 

Conception et réalisation Culinelle. Cuisine Armony (Photo Agnès Rodier)

 
Cuisines & Bains Magazine : Justement : qu’entend-on par « cuisine réussie » ?
Marc Edel : La cuisine a cela de particulier qu’elle constitue un achat « abstrait » : le client, au fond, achète une « vue de l’esprit » du cuisiniste, qui se matérialise par des dessins et des plans, mais qu’il ne pourra pas toucher et apprécier avant que la cuisine ne soit posée. Or c’est précisément à partir de cet instant que le consommateur va juger de la qualité de son projet. Il ne saura qu’avec le temps si sa nouvelle cuisine est pratique d’usage ou si elle présente des défauts !
Pour répondre à votre question, la cuisine réussie est celle qui satisfait le particulier en tous points… Mais qu’il garde à l’esprit qu’il ne pourra l’apprécier qu’une fois que cette dernière est posée. Or il n’achètera tout au plus que 2 à 3 cuisines dans sa vie ; ce qui ne fera jamais de lui un expert sur le sujet. Pour ma part, j’estime que cet achat est suffisamment important pour qu’il lui consacre un peu de temps, de réflexion aux côtés d’un professionnel. Inutile d’acheter sur un coup de tête, même avec une remise très intéressante, si c’est pour le regretter après !
 

La réalité virtuelle peut certes être un atout. Mais elle demeure, au fond, un simple outil de présentation de la « matière grise » du cuisiniste. Si le savoir-faire de ce dernier est défaillant, la réalité virtuelle ne viendra pas pallier les défauts de conception.

 
Cuisines & Bains Magazine : Les progrès réalisés en matière de réalité virtuelle et de vue 3D peuvent-elles cependant assister – voire accélérer – le processus de conception ?
Marc Edel : La réalité virtuelle peut certes être un atout… Mais elle demeure, au fond, un simple outil de présentation de la « matière grise » du cuisiniste. Si le savoir-faire de ce dernier est défaillant, la réalité virtuelle ne viendra pas pallier les défauts de conception. Peut-être permet-elle de mieux imaginer le rendu définitif du projet, mais elle reste par définition, « virtuelle ». Le consommateur ne pourra pas, en l’utilisant, se rendre compte si tel tiroir est compliqué à ouvrir… Ou s’il risque de se cogner le gros orteil sur tel meuble bas à chaque fois qu’il circule dans sa cuisine.
Il en va de même avec les objets connectés. La tablette sur le réfrigérateur, c’est sympa… Mais cela ne va pas faire la différence en matière d’ergonomie dans la cuisine. Cela ne résout pas le problème de fond qui est de savoir si cette dernière est plaisante et confortable à l’usage ou non.
 

Conception et réalisation, By Habitech. Cuisine Scavolini (Photo Agnès Rodier)

 

Le particulier ne doit pas perdre de vue que la qualité, dans la cuisine, c’est essentiellement ce qu’on ne voit pas… La densité du caisson, l’épaisseur des portes, la qualité des charnières, etc.

 

Cuisines & Bains Magazine : Quels pièges le consommateur est-il amené à déjouer lorsqu’il fait concevoir une cuisine ?

Marc Edel : Au-delà des projets signés trop rapidement, le particulier doit retenir une chose : on n’a rien sans rien. On peut difficilement se montrer exigeant au niveau de la qualité si l’on a acheté une cuisine « pour une bouchée de pain ». C’est, de fait, tout le paradoxe de la cuisine équipée. Si elle est la pièce préférée des Français dans l’Habitat, comme on nous le dit souvent, elle est aussi la plus technique. Elle requiert par ailleurs requiert un véritable savoir-faire pour une mise en oeuvre de qualité. Or elle continue de faire l’objet de nombreux marchandages…

Bien sûr, il est certains qui pensent « qu’il n’est rien qui ressemble plus à une cuisine blanche sans poignées qu’une autre cuisine blanche sans poignées ; donc autant prendre la moins chère. ». Le particulier ne doit cependant pas perdre de vue que la qualité, dans la cuisine, c’est essentiellement ce qu’on ne voit pas… La densité du caisson, l’épaisseur des portes, la qualité des charnières, etc. Il faut même aller plus loin. L’un et l’autre modèle de cuisine peuvent être tous les deux équipés d’une même marque de charnière… Mais pas forcément du même modèle. Et cela peut, in fine, faire de grandes différences en matière de confort d’usage et d’ergonomie. En somme, les différences de prix existent, mais elles sont souvent justifiées… Même si l’explication ne saute pas toujours aux yeux.

 

Agensia : un groupement de professionnels indépendants

Regroupant près de 350 professionnels indépendants animés par des valeurs communes, Agensia s’attache notamment à mutualiser la capacité d’achat… Ainsi que le savoir-faire de ses adhérents. Le groupement peut ainsi bénéficier d’un véritable pouvoir de négociation avec les fabricants de cuisines et les marques d’électroménager. Le but est d’offrir aux particuliers les meilleures conditions d’achat. Et, libres de tout engagement avec l’une ou l’autre marque d’électroménager ou de meubles de cuisines, les adhérents Agensia, qui travaillent le plus souvent avec plusieurs produits et non pas un seul, peuvent garantir à leurs clients un choix étoffé… Les meubles, accessoires et appareils électroménagers se choisissent uniquement en fonction de l’esprit du projet de chacun.

En somme, le produit est au service de la cuisine, et non pas le contraire. Cette démarche qualitative, qui va à l’encontre des phénomènes de standardisation désormais courants, s’accompagne d’une politique de services très développée… Prise de cotes, vérification des supports et des angles, du tableau électrique, de l’accessibilité pour la livraison, coordination des intervenants, SAV, etc. Et, conscients d’engager la réputation de ce groupement fondé sur des valeurs de qualités et de compétences, certains des cuisinistes agréés Agensia peuvent proposer à leurs clients différentes garanties. Notamment « une convention de garantie d’acompte ou de livraison », ainsi qu’une « garantie 5 ans sur l’électroménager ».

 

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